Michel El Mir dit ‘Melmir’ 1930-1973
Artiste Peintre et Sculpteur

    

Originaire du village de Batha au Kesrouan – Liban, Michel El Mir est né le 29 juillet 1930 a Hénin Liétard au nord de la France, où son père Chekrallah El Mir était un dermatologue réputé. A la déclaration de la guerre en 1939 ses parents rentrent au Liban leur pays d’origine.

 

Très tot Michel ressent la vocation d’etre peintre et il se met a faire les portraits de tous les grands hommes de la 2nde guerre mondiale qu’il voit dans les journaux tels que Charles de Gaule, Adolphe Hitler etc…

 

En 1948 il termine ses études secondaires au collège de la sagesse à Beyrouth et suit son professeur de dessin César Gemayel a l’Académie Libanaise des Beaux Arts – ALBA où il ne reste que quelques mois, puis à son école où il est fasciné par son travail et c’est ainsi qu’il découvre que Cheikh César Gemayel n’est pas un simple professeur mais l’un des trois pioniers essentiels de l’art Libanais. Gemayel marquera ainsi Melmir dans sa carrière de peintre.

 

En 1949 face à la volonté de son père de le faire devenir médecin comme lui, et à sa déclaration ‘la peinture est un métier de charlatan’ Michel El Mir plie baggage a 19 ans et va s’établir à Damas où il vit quelques années. Le ciel Syrien plus clément seconde son inspiration, tout en travaillant chez un disquaire (Chahine) pour gagner sa vie, il fait trois expositions en 1951 au club arabe de Damas, au club des amis des arts de Damas et au salon du Musée de Damas, et en 1952 et 1953 il expose de nouveau au salon du Musée de Damas.

 

En 1954 il revient s’installer à Beyrouth et continue d’éxercer son métier de peintre en exposant un peu partout et en devenant de plus en plus connu. En 1956 il gagne le premier prix dans une exposition collective organisée par le ministère de l’éducation et des beaux arts.

 

Sa réputation arrive meme jusqu’en Chine, où il va plusieurs fois rencontrer des peintres chinois, visiter des musées et se joindre a leurs expositions et c’est à partir de cette période que Michel El Mir commence a signer ses toiles en écrivant verticalement MELMIR de haut en bas comme en chinois. Ceci deviendra désormais sa signature.

 

Melmir voyage aussi à Varsovie, Moscou, Kiev et Leningrad où il expose plusieurs fois  entre 1955 et 1962.

 

En 1958 il épouse Jacqueline Zabbal et obtient une bourse pour se spécialiser dans l’art en France. Il réside donc quelquetemps à Paris où il expose a la galerie Paul Cezanne en 1960 et participle a certaines expositions internationales dont les Biénnales de Paris où une de ses toiles ‘Les Roses Blanches’ gagne le premier prix.

 

De retour à Beyrouth, sa femme donne le jour à une petite fille qu’il nomme ‘Michèle’ comme lui.

 

Les oeuvres de Melmir se caractérisent par leurs couleurs vives et leurs mouvements, reflétant les sentiments de l’artiste et témoignant de son évolution qui passe de l’abstrait au figuratif, du nu aux fleurs, aux paysages blancs, aux toits rouges, aux portraits et autres natures mortes tout en passant par les arabesques. Ainsi une grande diversité existe entre les différentes productions du peintre qui met au service de sa créativité avec magie toutes sortes de techniques et matériaux et ceci sans oublier qu’il n’a pas pour autant negligé la sculpture qu’il a exposé en 1958 à la galerie ‘La Licorne’ , puis à la galerie ‘Arform’ et finalement en 1968 quant il obtient le deuxième prix au concours de sculpture organisé par le Ministère du Tourisme et destiné à l’embellissement des villes Libanaises.

 

Michel El Mir était l’ami de tout le monde, innocent, agréable, généreux , aimant la vie sociale, fidèle a ses amis jusqu’à la folie, les recevant jour et nuit dans sa maison et cuisinant pour eux les plats les plus succulents.

 

Grand voyageur de l’Europe de l’est à l’ouest ainsi que l’Asie, arrivant jusqu’en Chine et l’URSS, idéaliste et politiquement engagé, il était l’ami des peintres de toutes nationalités, les aidait, échangeant des toiles avec eux et exposant leurs ouvrages dans son pays. Il avait soif de connaissance, aimant lire et se cultiver, écrivant dans les journaux et faisant aussi des caricatures politiques.

 

Michel El Mir était aussi un homme plein d’énergie, original, engagé et passioné par son métier. Il disait que peindre c’est faire la guerre à l’ignorance et à la routine, Melmir consacrait ainsi beaucoup de son temps à ses éleves, à leur enseigner le dessein et l’histoire de l’art et ceci dans toutes les régions du Liban de Beit Chabab a Zahlé , Jounieh, Beyrouth, Hadath et Tyr.

 

En 1971 Melmir expose à la galerie Delhamieh et en 1972 pour la dèrniere fois il expose au salon de Madame Melhem El Houssaini à Gemaizé à Beyrouth.

 

En 1973 Michel El Mir dit Melmir artiste peintre et sculpteur nous quitte pour un autre monde. Ce grand artiste et ce grand homme sera toujours vivant en nous non seulement de par ses travaux, ses peintures et ses sculptures, mais aussi par sa gaieté, son humour,  sa joie de vivre et l’empreinte permanente de génie qu’il a laissé sur l’art Libanais contemporain .